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Dent Dure d’Erosse

 Voie Mazeaud-Sadeaud

Voies ouvertes par Pierre Mazeaud et Philippe Sadeaud le 01/01/2012

 Voie certifiée par le Département des Exploits et le Comité d’Excellence de l’Université.    Visa n° 8-06-2012

 

Historique

 

Pierre Mazeaud et Philippe Sadeaud (surnommé Sandeau pour ses claques « élastiques » retentissantes) sont de jeunes et forts grimpeurs du milieu Dauphinois très discrets. Pierre ne doit surtout pas être confondu avec son homonyme célèbre, homme politique et alpiniste célèbre qui fréquenta nombre de personnalités en vue au siècle précédent : ils n’ont aucun lien de parenté[1].

On dit de Mazeaud (le jeune) qu’il est excellent second et mauvais premier. Critique excessive mais fondée : il ne fait aucun doute que le génie, le concepteur de nouvelles techniques d’escalade, celui qui fait preuve d’initiative en cas d’urgence, bref, le membre actif de la cordée est Philippe Sadeaud tandis que Pierre subit toujours les épreuves qu’ils endurent. Philippe est connu pour un cran impressionnant mais aussi une certaine dureté pour lui-même et les autres, problème à l’origine de son éviction de plusieurs clubs d’escalade dont le KAF[2]. Après avoir expérimenté plusieurs partenaires, Philippe a décidé de faire cordée durablement avec Pierre Mazeaud. Ils ont néanmoins intégré pour quelques unes de leurs réalisations des grimpeurs déclinants tels Francis Minus, Alain Caillou (surnommé « le sac ») et le Père Doryphore, curé du Val d’Erosse connu pour ses conférences sur la « Civilisation de l’Amour ».

Cette cordée fréquente l’Oisans en long et en large, à voile et à vapeur, mais s’est surtout illustrée par l’ouverture de voies ABO+ en Erosse, jusque là terrain de prédilection d’Estelle Triche-Divan à qui ils ont décidé de faire la nique.

Nous ne décrirons pas ici tous les itinéraires labellisés Mazeaud-Sadeaud, voies sauvages et de fréquentation difficile à évaluer, les candidats faisant souvent profil bas. Ces itinéraires secrets dans des parois obscures accumulent les obstacles, éprouvants pour le second de cordée. Remarquables non pour leur beauté mais pour l’engagement limite, on ne peut les conseiller à n’importe qui.

Nous présentons ici la plus classique, qu’on nomme en toute simplicité Voie Sadeaud-Mazeaud[3].

 

Voie des Epineux dite Sadeaud-Mazeaud

 

Ce topo sera exceptionnellement bref par égard pour l’impatience manifestée récemment de grimpeurs-lecteurs que nos digressions topologiques insupportent. Merci pour leur esprit critique.

Matériel classique : gants cuir et latex, corde chanvre pour attaches au relais (corde d’escalade en nylon pour la progression, nous ne sommes pas fous). Clous toutes tailles, pointes de tapissier, aiguilles à tricoter, broches à vis, marteau-piolet dentu, crampons à pointe en hameçon, réchaud haute température, bâillon, menottes. Pommade antiseptique, sparadrap, bandages. Je ne fais pas de dessin.

Rejoindre le pied de la Dent Dure d’Erosse par une marche éreintante en terrain instable et raide en pleine chaleur, pente abominable qui n’en finit pas. Philippe y a durement insulté Pierre, usant d’un vocabulaire hardos, le frappant avec sa chevalière pour le faire avancer selon un rapport de course duraille, épisode qui fit la réputation violente de l’itinéraire. 

Attaque dans les épineux (d’où le nom original) pour prendre pied sur une paroi noire, gluante et surplombante. Longueur exposée avec traversée mal assurée que Pierre a « adorée », pendulant sur trente mètres, moment spectaculaire difficile à éviter en second. Au premier relais, on s’assoit dans des ronces, on se dit que ça sera tout le long comme ça : pas faux.

On se trouve au pied du « Laminoir », fissure étroite dont on ne sait s’il faut s’y coincer tant bien que mal (étouffant) ou rester à l’extérieur pour une séance de patinage (désespéré). Pénible, douloureux (rocher au grain qui s’incruste dans la peau, prises coupantes en silex), ce passage constitue un bon test pour la suite : si l’on passe, on sort la voie. Relais suspendu en plein vide, baudrier coupant la circulation, fourmis dans les jambes, maux de tête et tutti quanti.

On arrive au pied d’une arête excessivement fine, le Rasoir. La franchir avec des gants renforcés. Pierre n’en avait pas, Philippe les lui ayant subtilisés pour le punir pour son mauvais style, vous imaginez le problème. Ensuite, on enchaîne des longueurs soutenues, désagréables, fissures à coincements, étroitures qui se resserrent dès qu’on y met la main ou le pied, obligeant à des positions pas possible que la décence interdit de décrire dans un topos de bonne tenue.

Après une série de passages de cet acabit susceptibles de produire des cris déchirants, gémissements et plaintes diverses, on arrive au point culminant de la Dent d’Erosse et là c’est le bouquet : alors qu’on s’attendait à un dôme, un imbécile (Philippe Sadeaud probablement) a placé une espèce de pique qu’il faut gravir (échardes) avant de se dresser droit sur la pointe, obligation absolue pour le second qui veut valider la voie, selon Pierre. Geste final qui expose à un risque sérieux d’empalement : demandez à Pierre qui, par obéissance au Père Doryphore qui les assistait pour la première, dut réciter une douzaine de mea culpa en souffrant le martyr avant d’être extrait de sa position.

Descente en rappel torse nu (brulures), récupération de corde qui claque en fouet puis rejoindre une pente de chardons géants qui ramène au Refuge de Ponce Pilatte au bord du glacier éponyme où une gardienne hostile se fera un plaisir de vous finir.

Fuite éperdue vers la Bérarde qu’on retrouve après un parcours étonnant puisque le Massif d’Erosse est excentré à celui des Ecrins. Sortir en catastrophe la pharmacie.

Notre conseil : emmener un appareil photo numérique avec micro incorporé pour faire des petits films en format réduit à diffuser sur Youtube ou Dailymotion en temps réel.

NDLR : Cette voie révèle à chacun, sous forme radicale, l’explication véritable de ce qu’on cherche en escalade. Et répond à l’attente.



[1] Lequel fait l’objet d’un livre paru aux éditions Guérin récemment (mai 2012). http://blog.editionsguerin.com/bruits-de-couloirs-2/evenement-la-biographie-de-pierre-mazeaud

[2] Cf. Accès au Refuge des Komiks.

[3] L’ordre non alphabétique rend hommage à la domination de Philippe dans cette cordée hétérogène.


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